Par Simon Koch. Mis à jour le 07.05.2012
Les géants du Net sont des colosses aux pieds d’argile. Facebook et Google pourraient disparaître des écrans d’ici 5 ans, selon le magazine économiqueForbes.
«Vu la vitesse à laquelle évolue l’univers technologique, il y a de bonnes raisons de penser que Google (GOOG 608.935 -0.63%) etFacebook disparaissent complètement dans un délai de 5 à 8 ans», estime Eric Jackson, spécialiste du marché high-tech au Magazine Forbes.
Vu les milliards à disposition des deux géants, il ne faut pas s’attendre à une faillite, «mais à une disparition à la MySpace», prédit l’analyste.
Condamnés à l’échec
Eric Jackson se base la théorie sociologique de l’écologie des populations pour relativiser les options stratégiques et la marge de manœuvre de Google et Facebook. En clair, les deux colosses sont condamnés à rater le coche de la prochaine évolution du web.
«De plus en plus, sur internet, il semble que la viabilité à long terme d’une entreprise dépende de sa date de création». Chaque génération, souligne Jackson, voit le monde d’une manière différente, ce qui se traduit par ses décisions d’achats et une foule d’autres habitudes.
Problème de générations
Et de rappeler les 3 générations de la technologie internet: le Web 1.0, avec des entreprises comme Yahoo! (YHOO 15.1 -1.69%) , Google, ou Amazon; ( 224.29 0.17%) le Web 2.0 et sa composante sociale, avec des sites comme Facebook, LinkedIn ou MySpace; et enfin le Web mobile, orienté smartphone et tablette, avec un produit comme Instagram.
Les sites issus du Web 1.0 ont contribué à mettre de l’ordre dans le réseau, à agréger son contenu et à le rendre plus navigable. Ils peinent néanmoins à prendre le tournant du Web social. A l’image de Google et de son réseau social Google +.
De même, Facebook déçoit dans sa conquête du marché mobile. Son application n’est pas à la hauteur la version web du réseau social. Sans compter que Facebook perd de l’argent dans ce secteur.
Le rachat d’Instagram indique que le premeir réseau social sort les grands moyens pour investir ce secteur. Il neutralise d’un coup un concurrent mobile et se positionne au prix d’une identité fragmentée dans la niche du partage de photos.
Obsolescence inévitable
«Les échecs du Web 1.0 à s’adapter au mode social suggèrent que Facebook aura les mêmes difficultés à passer au mobile», estime le spécialiste de Forbes. Plus le temps passe, plus le décalage entre un produit et l’environnement dans lequel il est censé opérer s’agrandit.
Google, Amazon et Yahoo! ne sont pas encore obsolètes, concède Eric Jackson, «mais avec chaque glissement de paradigme (d’abord vers le social, et maintenant vers le mobile), les générations précédentes avancent vers leur déclin». Et force est de constater que le rythme des (r)évolutions technologiques s’accélère. Il n’a fallu à Apple que 2 ans pour vendre 67 millions d’iPad, alors que 24 ans ont été nécessaires pour vendre autant de Mac.
«Ces 5 à 8 prochaines années pourraient être incroyablement dynamiques», glisse Eric Jackson. «Et il est possible que Google et Facebook ne soient plus que les ombres d’eux-mêmes. Ces géants ont l’argent pour tenter de passer au web mobile, mais l’histoire nous montre qu’ils n’y parviendront pas.»(Newsnet)





